Mixité sur le tatami

Créé en 1986, le Karaté club sottevillais se bat depuis des années pour favoriser la mixité. « Nous comptons 1 tiers de recrues féminines, dont 10 ceintures noires du 1er au 4e dan. Mon propre parcours est évidemment pour beaucoup dans cette volonté d’ouverture », confie Lydia Devillers. La présidente est l’une des plus anciennes karatékas normandes. « J’ai débuté à 14 ans, j’en ai 56. À l’époque, j’étais la seule fille du club de Petit-Quevilly. J’ai affronté les stéréotypes grâce au soutien indéfectible de M. Rosa, professeur devenu père spirituel. Il m’a menée vers la compétition et m’a permis de m’imposer dans un univers masculin ».

Au sein du gymnase Ferdinand Buisson, femmes et hommes se retrouvent aujourd’hui sans distinction sur le tatami lors des cours. « Nous refusons la sectorisation. Chacun s’enrichit et progresse au contact de l’autre ». Les parents sont parfois inquiets lorsque leur jeune fille se dirige vers l’art martial. « Ils peuvent assister aux séances d’essai et nous répondons à toutes leurs interrogations. Le karaté n’enlève rien à la féminité. Nos adhérentes y trouvent une philosophie à mettre en application sans modération ».

Lydia est consciente des progrès en matière des droits des femmes, « mais il y a encore tant à accomplir ! Dans notre discipline, il subsiste des clubs sans aucune femme, d’autres où l’on ne se mélange pas. Ce n’est pourtant que par la mixité que notre société peut progresser ».

Karaté club sottevillais, tél. 02 35 66 20 47 - www.kcsottevillais.fr