Plus jamais !

Le 19 avril 1944, Hélène Roger-Pioger avait 17 ans. Fille de cheminot, cette Sottevillaise de toujours se souvient très précisément de cette nuit-là : « J’étais dessous. {...} C’était une nuit sans lune, une nuit noire. {Nous pensions} que l’obscurité découragerait les bombardiers, qu’ils attendraient une nuit éclairée par la pleine lune. Erreur ! Mille fusées lancées par les avions embrasaient le ciel. On y voyait comme en plein jour, un jour couleur d’incendie. C’était beau. » Au cours de cette terrible nuit, 3 vagues successives de bombardements prennent la vie de plus de 500 Sottevillais et transforment notre ville en champ de ruines. 74 ans après, Hélène n’a rien oublié de cette catastrophe, ni des semaines et des mois qui ont suivi. « Les restrictions n’ont pas cessé du jour au lendemain. Les gens n’avaient plus de toit et squattaient là où ils pouvaient. Avec mes parents nous avons dû faire le pied de grue au bureau rouennais du ministère de la reconstruction pour espérer voir notre maison réparée au plus vite. C’était aussi le moment de régler ses comptes. Je me souviens de ces femmes alignées sur un banc que l’on tondait pour avoir approché l’ennemi de trop près. Tout ça sur simple dénonciation. Autant dire que certaines ont perdu leur cheve- lure et leur dignité pour des raisons bien différentes. Vous savez, parfois l’Homme est pire qu’une bête... »


Le 19 avril prochain, à l’occasion de la commémoration, Hélène Roger racontera son histoire. « Je m’adresse aux jeunes, à ceux qui, dans ce pays, ont la chance de ne pas avoir connu la guerre. C’est à vous de faire le nécessaire pour que de telles atrocités ne se reproduisent jamais. » Elle transmettra ensuite son témoignage au travers d’une vidéo réalisée par la Ville.


Commémoration du 19 avril 1944 en présence des Sottevillais et des représentants d’associations d’Anciens Combattants, jeudi 19 avril à 18h, espace Marcel Lods.


 

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